lundi 4 mai 2020

On daily or bimestrial (or else) communion (by Saint Augustin)


La Fréquente Communion (in Préceptes et Maximes de Saint Augustin, Bibliothèque de Piété des Gens du Monde, Paris, Victor Palmé éditeur, M DCCC LXXVI = 1876) Pages 454 à458

One will say that we must not receive the Eucharist every day, because to be more worthy of approaching such a great sacrament, we must choose the days when we lead a purer life: For whoever eats this bread unworthily, says the great Apostle, eats his condemnation.

Another, on the contrary, will say that it is true that he whose soul is sick by sin and considerably enough to have to abstain from such a remedy must be separated from the altar by the authority of the bishop and put into penance until the same authority calls him back into the participation of the saints mysteries because it is unworthy to receive the Eucharist to receive it in the time when penance should be done; and that it must not depend on everyone to separate or to approach communion as he pleases.  But that, as soon as a man’s sins are not of those for which he is deemed worthy of excommunication, the body of the Lord is a remedy which he must use every day.

But a third who, to agree with them, would exhort them about all things to abide in the peace of Jesus Christ, would perhaps speak the best of all, leaving them free to do each what the lights of his faith and devotion would advise him, because neither profane the body nor the blood of the Lord, and yet strive to honor him.  Therefore do we not see that Zacchaeus, who received the Lord in his house with joy, and the centurion, who did not consider himself worthy that he entered into his, came into contention in a different way, and contrary in some way, of which each one had honored the Saviour, nor that they wanted to rise one above the other knowing well that they were both burdened with the misery of sin and that they had received mercy one and the other.

This is what it seems to me that Scripture teaches us, when it teaches us that manna had for everyone the taste that pleased him.  Thus the taste of the divine sacrament, by which the world was conquered, is diversified in the heart of every Christian; for it is only through respect that he does not want to receive it every day and it is by the same principle that this other does not want to spend any day without receiving it.  One only has to be careful not to despise this celestial meat as one had to avoid becoming disgusted with manna.  And this is what made the Apostle say that those who, failing to discern the Eucharist from other meats, do not give him the respect due to him, receive it unworthily; for, having said that they eat and drink their condemnation, when he adds that it is because they do not discern the body of the Lord.

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La Fréquente Communion (in Préceptes et Maximes de Saint Augustin, Bibliothèque de Piété des Gens du Monde, Paris, Victor Palmé éditeur, M DCCC LXXVI = 1876) Pages 454 à458

L’un dira qu’il ne faut pas recevoir l’Eucharistie tous les jours, parce que pour être plus digne d’approcher d’un si grand sacrement : il faut choisir les jours où l’on mène une vie plus pure : « Car qui mange ce pain indignement dit le grand Apôtre, mange sa condamnation.

Un autre, au contraire, dira qu’il est vrai que celui dont l’âme est malade par le péché et assez considérablement pour devoir s’abstenir d’un tel remède doit être séparé de l’autel par l’autorité de l’évêque et mis en pénitence jusqu’à ce que la même autorité le rappelle à la participation des saints mystères parce que c’est recevoir  indignement l’Eucharistie que de la recevoir dans le temps où l’on devrait faire pénitence ; et qu’il ne doit pas dépendre de chacun de se séparer ou de s’approcher de la communion selon qu’il lui plait.  Mais que, dès que les péchés d’un homme ne sont pas de ceux pour lesquels on le juge digne de l’excommunication, le corps du Seigneur est un remède dont il doit user chaque jour.

Mais un troisième qui, pour les mettre d’accord, les exhorterait sur toutes choses à demeurer dans la paix de Jésus-Christ, parlerait peut-être le mieux de tous, les laissant libres de faire chacun ce que les lumières de sa foi et de sa piété lui conseilleront, puisque ni l’un ni l’autre ne profanent le corps et le sang du Seigneur et qu’au contraire, ils s’efforcent à l’envi de l’honorer.  Aussi ne voyons-nous point que Zachée qui reçut avec joie le Seigneur dans sa maison, et le centenier qui ne se jugea pas digne qu’il entrât dans la sienne, soient entrés en contestation sur la manière différente, et contraire en quelque sorte, dont chacun avait honoré le Sauveur, ni qu’ils aient voulu s’élever l’un au-dessus de l’autre sachant bien qu’ils étaient l’un et l’autre accablés sous la misère du péché et qu’ils avaient reçu miséricorde l’un et l’autre.

C’est ce qu’il me semble que l‘Ecriture nous apprenne, lorsqu’elle nous enseigne que la manne avait pour chacun le goût qui lui plaisait.  Ainsi se diversifie dans le cœur de chaque chrétien le goût du divin sacrement, par lequel le monde a été vaincu ; car ce n’est  que par le respect que celui-là lui porte qu’il ne veut pas le recevoir tous les jours et c’est par le même principe que cet autre ne veut passer aucun jour sans le recevoir.  Il n’y a qu’à se donner garde de mépriser cette viande céleste comme il n’y avait qu’à éviter de se dégoûter de la manne.  Et c’est ce qui a fait dire à l’Apôtre que ceux qui, faute de discerner l’Eucharistie des autres viandes, ne lui rendent pas le respect qui lui est dû, la reçoivent indignement ; car, après avoir dit qu’ils mangent et boivent leur condamnation, il en rend raison lorsqu’il ajoute que c’est parce qu’ils ne discernent pas le corps du Seigneur.

La Fréquente Communion (in Préceptes et Maximes de Saint Augustin, Bibliothèque de Piété des Gens du Monde, Paris, Victor Palmé éditeur, M DCCC LXXVI = 1876 (Pages 454 à 458)